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Archive pour janvier 2009

appel à la gréve le 29.01.2009

Vendredi 9 janvier 2009

Les huit organisations syndicales présentent leurs revendications communes avant la journée de « mobilisation » interprofessionnelle du 29 janvier 2009 « Nous nous sommes réunis à nouveau pour élaborer un texte qui sera la base du mouvement du 29 janvier 2009, mouvement plus que jamais maintenu », résume Gérard Labrune, secrétaire général de la CFE-CGC. La confédération de l’encadrement accueillait, lundi 5 janvier 2009, à son siège des délégations CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa pour préparer la journée de « mobilisation » interprofessionnelle du 29 janvier prochain, dont elles ont arrêté la date et les modalités le 15 décembre dernier. Les huit organisations ont rédigé une « déclaration commune de propositions et revendications ». En premier lieu, les huit syndicats considèrent important de « donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique ». « Les entreprises confrontées aux baisses d’activité utilisent des mesures de sauvegarde d’emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés… Toutes ces mesures doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Les aides publiques doivent aussi y être conditionnées. Les entreprises doivent améliorer l’indemnisation du chômage partiel et tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier », demandent les huit organisations. Selon elles, « ces périodes de baisse d’activité doivent être utilisées pour développer la formation professionnelle et renforcer les compétences des salariés. Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, c’est notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée ». Par ailleurs, concernant la fonction publique, il est demandé au gouvernement de « renoncer aux 30 000 suppressions de postes. Il faut abandonner une politique aveugle de suppression d’emplois et penser autrement l’évolution des services publics dont la qualité et l’emploi constituent une question centrale. » POLITIQUES SALARIALES « Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités », ajoutent les huit organisations pour qui « les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords salariaux ». Pour les syndicats, il est nécessaire d’ « orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat ». Pour ce faire, ils préconisent « une relance par la consommation », « une politique de développement de logement social » et « une protection sociale (…) dans un cadre collectif et solidaire ». Dans ce cadre, « toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l’objet de contreparties », « doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d’emploi » et « doit faire l’objet d’une information et d’un avis préalables des élus représentant les salariés ». ÉLARGIR LA LOI DE MODERNISATION DU DIALOGUE SOCIAL Afin de « préserver et améliorer les garanties collectives », seules à même d’améliorer les conditions de travail des salariés, les huit organisations demandent que soient abrogés « les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de travail » et que 1 sur 3 soit retirée « la proposition de loi sur le travail du dimanche ». Plus globalement, elles souhaitent un élargissement des dispositions de la loi de modernisation du dialogue social du 31 janvier 2007: selon les syndicats, « il faut respecter le dialogue social sur tous les projets et propositions de loi qui touchent à la réglementation du travail », et non plus les seuls textes d’origine gouvernementale. Enfin, les huit organisations estiment qu’il faut « réglementer la sphère financière internationale » et « aussi imposer le respect des droits fondamentaux et sociaux et des normes internationales de l’OIT (Organisation internationale du travail) dans tous les échanges internationaux ». « FORCE DE PROPOSITIONS » « Ce texte est un compromis trouvé par nos huit organisations et cela n’enlève rien à sa qualité, bien au contraire », affirme Marcel Grignard (CFDT). « Au delà des différences d’appréciation que nous pouvons avoir sur certaines négociations [comme sur l'assurance chômage, par exemple], dans cette période de crise, les salariés attendent de nous que nous parlions ensemble », ajoute Maryse Dumas (CGT). Gérard Labrune (CFE-CGC) explique, pour sa part, que « malgré nos différences de points de vue, quand la patrie est en danger, mieux vaut être coudes à coudes qu’en ordre dispersé. » « En cette période de difficultés, il est important que nous soyons force de propositions », ajoute Gabrielle Simon (CFTC) qui demande « des réformes pour que les salariés ne subissent pas la crise ». « Alors que Sarkozy n’a rien dit, dans ses voeux, sur la situation des salariés, nous apportons des réponses », affirme Annick Coupé (Solidaires). Au-delà des seules propositions énoncées dans cette déclaration commune, « ce texte est un moyen pour lancer les débats dans les entreprises et créer l’émergence d’un rapport de force », reprend cette dernière. Pour Gilles Moindrot (FSU), la déclaration commune est « un texte assez profond qui appelle à une mobilisation très forte le 29 janvier prochain. » ET APRÈS? « La crise ne va pas se résoudre le 29 janvier, nous n’en sommes qu’au début », avertit Michèle Biaggi (FO). « Il est clair que le 29 janvier, tout ne sera pas réglé », souligne Jean Grosset (Unsa), « c’est un mouvement qui va s’inscrire dans la durée ». S’interdisant de faire le moindre pronostic en ce qui concerne l’intensité de la « mobilisation » du 29 janvier, Gérard Labrune (CFE-CGC) estime que le succès du mouvement ne s’appréciera pas uniquement au nombre de salariés « mobilisés », mais aussi à « la réaction du gouvernement qui doit être inquiet d’une possible ébullition sociale ». Les huit organisations syndicales ont d’ores et déjà décidé d’une nouvelle réunion le 2 février 2008 à Bagnolet, au siège de l’Unsa.